Amour se mocque bien de toute ma puissance !
[BUTI, Francesco ; BENSERADE, Isaac (de)]. Ercole Amante. Tragedia. Representata per le Nozze delle Maestà Christianiassime. Hercule amoureux. Tragedie. Représentée pour les Nopces de leurs Majestez Tres-Chrestiennes. Paris, Robert Ballard, 1662. [suivi de] Vers du Ballet royal dansé par leurs Majestez entre les Actes de la grande Tragédie de l'Hercule Amoureux. Avec la Traduction du Prologue, & des Argumens de chaque Acte. Paris, Robert Ballard, 1662. [et] Le Nozze di Peléo e di Theti. Commedia. Les Nopces de Pelée et de Thetis. Comedie. Paris, Robert Ballard, s.d. [1654]. Petit in-4, 20,5 x 15 cm, 161-[1] pp. ; 52 pp. ; 57-[3] pp., bradel cramoisi XIXe, pièce de titre. Déch. marg. pp.95-97, 2 ff. avec qqs. lettres des indications scén. marginales rognées (intelligible), manque de papier angulaire pp. 157-159 (perte de qqs mots que l'on retrouve dans l'autre langue en regard), trou avec atteinte à qqs. mots pp. 21-23 des Nopces de P. et T. Premiers ff. lég. salis, mouillure claire en tête des deux derniers titres. Le feuillet Riii de l'Hercule intervertit par le relieur avec le Rii.
LE RARE LIVRET D'OPÉRA DONNÉ À L'OCCASION DE L'UNION DU ROI LOUIS XIV À L'INFANTE MARIE-THÉRÈSE D'AUTRICHE.
Cet opéra somptueux inaugura la salle des Machines du Palais des Tuileries le 7 février 1662, deux ans après le mariage célébré à Saint-Jean-de-Luz. La production du spectacle et la démesure de cette salle, qui put accueillir plus de 7000 spectateurs, engendrèrent cet important délai. Mazarin engagea les artistes italiens les plus demandés pour la réalisation de l'Ercole Amante, l'architecte et décorateur de théâtre Gaspare Vigarani, le compositeur Francesco Cavalli et le poète Francesco Buti. Lully composa les intermèdes dansés par le roi et la reine eux-mêmes et dont on trouve ici le recueil des vers de Benserade déclamés. Malgré le faste, les airs chantés en italiens se perdaient dans la grandeur de la salle, sa mauvaise acoustique en eut raison et elle fut presque aussitôt abandonnée et remaniée.
Les Noces de Pélée et de Thétis relié à la suite préfigure cette ouverture aux influences italiennes. Cet opéra avec un intermède dansé fut représenté neuf fois en 1654 dans la salle du Petit-Bourbon, avec une musique du violoniste et compositeur Carlo Caproli (partition aujourd'hui perdue) et des décors de Torelli (qui furent plus tard brûlés par Vigarani, jaloux de son prédécesseur). L'opéra italien était donc doublé par un ballet en intermède dans lequel le jeune roi, couronné la même année à l'âge de 16 ans, dansa six entrées, dont la première dans le rôle d'Apollon. Bien que le ballet reçut plus de louanges que l'opéra, la mise en scène à l'italienne avec décors et machineries – que l'on retrouvera exacerbées aux Tuileries – était désormais assimilée. Il faut consulter les dessins et les gravures du temps pour se représenter la préciosité des costumes et la magnificence des éléments de décors, qui faisaient de ces représentations de véritables spectacles totaux et envoûtants.
Les trois titres en édition originale. La Vallière 69, 76 ; Tchemerzine II, 131 (pour les Vers du Ballet royal, ne cite pas les deux autres titres) .